Sa préférée – Sarah Jollien-Fardel

Sa préférée – Sarah Jollien-Fardel





Dans ce village haut perché des montagnes valaisannes, tout se sait, et personne ne dit rien. Jeanne, la narratrice, apprend tôt à esquiver la brutalité perverse de son père. Si sa mère et sa sœur se résignent aux coups et à la déferlante des mots orduriers, elle lui tient tête. Un jour, pour une réponse péremptoire prononcée avec l’assurance de ses huit ans, il la tabasse. Convaincue que le médecin du village, appelé à son chevet, va mettre fin au cauchemar, elle est sidérée par son silence. Dès lors, la haine de son père et le dégoût face à tant de lâcheté vont servir de viatique à Jeanne. A l’Ecole normale d’instituteurs de Sion, elle vit cinq années de répit.

Rentrée Littéraire #11
J’ai croisé ce roman au Livre sur la Place de Nancy et le fait que ce roman se passe, en partie, dans le district d’Hérens dans lequel Sarah Jollien-Fardel a grandi m’a plus que convaincue de l’acheter et de le lire.
Un petit conseil avant d’entamer la lecture: ne lisez pas la quatrième de couverture car elle en dit trop, beaucoup trop ! Contentez vous dans lire l’extrait ci-dessus. 😉
Sarah Jollien-Fardel aborde avec ce roman un thème très dur – la violence intrafamiliale – et souligne la complexité des victimes à se (re)construire en tant qu’adultes avec de telles fondations, ou de tels manques de fondations.
Les personnages sont profonds, parfaitement dépeints et le lecteur ne peut que faire preuve d’empathie tout au long de ces pages. Une vraie réussite pour un premier roman!
Et quel plaisir, pour moi, de retrouver ce district d’Hérens – même le hameau de La Forclaz s’y trouve en page 67 💖.

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Stardust – Léonora Miano

Stardust – Léonora Miano





Écrit il y a plus de vingt ans, ce roman relate la période au cours de laquelle Léonora Miano, jeune mère de 23 ans sans domicile ni titre de séjour, fut accueillie avec sa fille dans un centre de réinsertion et d’hébergement  d’urgence du 19e arrondissement de Paris. C’est en fréquentant la rudesse de ses marges qu’elle a le plus intimement connu la France…

Rentrée Littéraire #10
Je n’avais encore jamais lu de roman écrit par Léonora Miano, c’est maintenant chose faite.
Quelle belle plume que la sienne, même s’il est romancé, quel parcours que le sien!
Le récit se fait à la troisième personne, Louise remplace Léonora dont Bliss est, dans le livre, sa fille.
Cette histoire transcrit toute la détresse d’une femme, d’une mère sans papiers, sans domicile qui tente de se reconstruire dans ce pays, qu’en tant que Camerounaise, elle rêvait Eldorado et qui, finalement, se révèle être dur, violent et, à ce moment de sa vie, un enfer au quotidien.

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Où es-tu, monde admirable ? – Sally Rooney

Où es-tu, monde admirable ? – Sally Rooney

FLOP !



Alice, une jeune romancière ayant connu un succès fulgurant, quitte Dublin pour s’installer dans un village d’Irlande. Elle fait la connaissance de Felix sur un site de rencontres. Eileen, la meilleure amie d’Alice, préfère rester dans la capitale et travaille pour un magazine littéraire. Elle renoue avec Simon, un copain d’enfance qui n’a jamais caché son attirance pour elle. Malgré la distance, Alice et Eileen se parlent presque tous les jours, ou plutôt elles s’écrivent. Des e-mails aussi drôles qu’intimes où elles laissent libre cours à leurs réflexions sur le sexe, l’amour, l’argent, l’amitié, la politique.

Hum, flop total !
Deux trentenaires, aux parcours différents mais finalement toutes les deux paumées dans leurs existences, échangent des emails quasi quotidiens afin de garder le fil de leur amitié, se raconter leurs vies inintéressantes et monologuer l’une et l’autre sur l’état socio-éco-écolo-politique de l’Irlande et du monde.
Au départ, l’idée semblait bonne mais, ensuite, le récit s’enlise de manière superficielle, laissant la lectrice que je suis complètement de glace.

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Mon cher mari – Rumena Buzarovska

Mon cher mari – Rumena Buzarovska





À tour de rôle, onze femmes se livrent sans tabou au sujet de leur époux. Adultère ou machiste, prétentieux ou destructeur, l’homme de chaque couple est décrit par sa compagne dans une situation quotidienne qui dévoile l’étendue de ses défauts, mais également à quel point il est difficile de vivre à deux. Car parler de son conjoint, c’est forcément révéler autant sur soi que sur l’autre…Tableau à la fois désopilant et terrible des rôles attribués par la société, Mon cher mari renouvelle la fiction féministe en égratignant tout le monde. 

Rentrée Littéraire #9
Recueil de onze nouvelles qui ont toutes en commun l’époux, le couple mature et l’usure du temps sur celui-ci.
Adultère, patriarcal, manipulateur, etc. tous les stéréotypes de mari passent sous la plume de Rumena Buzarovska, et ce de différentes manières – humoristique, ironique et/ou tragique selon la nouvelle.
Dans ce livre, il est donc systématiquement question de la relation homme/femme dans l’institution du mariage, de la routine qui s’installe plus que souvent, parfois de la raréfaction de la vie sexuelle dans le couple et également de poésie et/ou de peinture.
Onze tableaux composés au vitriol par Rumena Buzarovska, auteur macédonienne.

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Ecoute la pluie tomber – Olivia Ruiz

Ecoute la pluie tomber – Olivia Ruiz





Marseillette, 1977. Dans le café qui l’a accueillie, étouffée, puis révélée, Carmen pleure sa nièce chérie.  À plus de quarante ans, elle se rappelle les personnages qui ont changé sa vie.
Ceux qui l’ont fait plonger, l’ont remise dans le droit chemin. Ceux qui ont su percer ses failles et écouter ses désirs. Sans oublier ses soeurs, dont elle partage les stigmates de l’exil mais refuse de suivre la route.
Parce qu’après tant d’épreuves, Carmen aussi veut s’inventer un destin…

Rentrée Littéraire #8
Olivia Ruiz est une conteuse née! Dans « Ecoute tomber la pluie », elle nous raconte l’histoire de ces femmes d’origine espagnole mais vivant en France – leurs parents ayant fui / combattu / contesté le régime espagnol. Chaque chapitre est une tranche de vie de Carmen, héroïne attachante au caractère bien trempé, rencontrant un personnage secondaire – homme ou femme selon le chapitre.
Olivia Ruiz manie les mots, la poésie de ceux-ci et la lecture de ces phrases arrive à notre cerveau telle une chanson aux accents du sud.
Ce court roman est donc une agréable lecture (doublée d’une agréable rencontre au Livre sur la Place de Nancy), une histoire qui se révèle par bribes ou différents tiroirs. C’est justement, peut-être, la faiblesse de celui-ci ou la possibilité d’un troisième roman (son premier était La commode aux tiroirs de couleurs) dans lequel l’auteur ne se servirait plus de cette construction morcelée mais écrirait une histoire de la première à la dernière page, y mêlant avec fluidité et profondeur tous les personnages.

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On était des loups – Sandrine Collette

On était des loups – Sandrine Collette




Ce soir-là, quand Liam rentre des forêts montagneuses où il est parti chasser, il devine aussitôt qu’il s’est passé quelque chose. Son petit garçon de cinq ans, Aru, ne l’attend pas devant la maison. Dans la cour, il découvre les empreintes d’un ours. À côté, sous le corps inerte de sa femme, il trouve son fils. Vivant. Au milieu de son existence qui s’effondre, Liam a une certitude. Ce monde sauvage n’est pas fait pour un enfant. Décidé à confier son fils à d’autres que lui, il prépare un long voyage au rythme du pas des chevaux. Mais dans ces profondeurs, nul ne sait ce qui peut advenir. Encore moins un homme fou de rage et de douleur accompagné d’un enfant terrifié.

Rentrée littéraire #7
Sandrine Collette est un auteur que je suis depuis pas mal d’années et c’est toujours un plaisir de la retrouver lors d’une rentrée littéraire – d’autant plus que j’ai eu la chance de la rencontrer au Livre sur la Place de Nancy le weekend passé.
On était des loups est de la même veine que ses précédents romans: une nature parfois hostile, des animaux sauvages, des humains qui le sont parfois encore plus, etc. Tous les éléments sont réunis afin de créer une tension palpable à chaque page, un univers compliqué pour un enfant qui perd sa mère et se retrouve en tête-à-tête avec ce père qui n’a jamais vraiment souhaité l’être.
Un thriller attachant !

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D’Or et D’Oreillers – Flore Vesco

D’Or et D’Oreillers – Flore Vesco




C’est un lit vertigineux, sur lequel on a empilé une dizaine de matelas. Il trône au centre de la chambre qui accueille les prétendantes de lord Handerson. Le riche héritier a conçu un test pour choisir sa future épouse. Chaque candidate est invitée à passer une nuit à Blenkinsop Castle, seule, sans parent, ni chaperon, dans ce lit d’une hauteur invraisemblable. Pour l’heure, les prétendantes, toutes filles de bonne famille, ont été renvoyées chez elles au petit matin, sans aucune explication. Mais voici que lord Handerson propose à Sadima de passer l’épreuve. Robuste et vaillante, simple femme de chambre, Sadima n’a pourtant rien d’une princesse au petit pois ! 

Nominé Prix Farniente 2023 – roman jeunesse
C’était ma dixième lecture dans le cadre du Prix Farniente et ce roman est celui qui m’a le moins convaincue. D’Or et D’Oreillers est une sorte de conte des temps modernes; Lord Handerson est en quête d’une femme et, pour cela, convie ses prétendantes à passer une nuit dans son Château.
Les temps modernes sont donc relatifs car c’est encore et toujours l’homme qui impose les règles du jeu.
Mais Lord Handerson est moderne et ratisse large: il consent à ce que Sadima, pourtant simple domestique, passe, tout comme une succession de filles de bonnes familles, le test de la première nuit.
Bien que l’écriture soit agréable et intelligente, cette lecture ne m’a pas convaincue, d’une part, par son genre fantastique – c’est bien évidemment personnel – et, d’autre part, certaines scènes explicites et crues m’interpellent et, n’étant pourtant ni puritaine ni pudibonde, je m’interroge tout de même quant à la sélection de ce roman dans une sélection d’un prix jeunesse, les nominés étant susceptibles d’être proposés en lecture scolaire.

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Arpenter la nuit – Leila Mottley


Arpenter la nuit – Leila Mottley




Kiara, dix-sept ans, et son frère aîné Marcus vivotent dans un immeuble d’East Oakland. Livrés à eux-mêmes, ils ont vu leur famille fracturée par la mort et par la prison. Si Marcus rêve de faire carrière dans le rap, sa soeur se démène pour trouver du travail et payer le loyer. Mais les dettes s’accumulent et l’expulsion approche.
Un soir, ce qui commence comme un malentendu avec un inconnu devient aux yeux de Kiara le seul moyen de s’en sortir. Elle décide de vendre son corps, d’arpenter la nuit. Rien ne l’a pourtant préparée à la violence de cet univers, et surtout pas la banale arrestation va la précipiter dans un enfer qu’elle n’aurait jamais imaginé.

Rentrée littéraire #6
Bilan mitigé après la lecture de ce premier roman de Leila Mottley.
Une histoire très lourde et empreinte de drames sociaux ponctue le récit, tous les malheurs semblent accabler la famille de Kiara – famille dont les membres finissent soit morts, soit enfermés – mais, néanmoins, l’auteur arrive à donner un sens à tous ces éléments.
Je ressors moins convaincue par la mise en forme – à mes yeux, un manque de dynamique dans l’histoire, le récit s’enlise à diverses reprises avant de, ouf, repartir pour un tour – et une traduction d’après moi assez légère (et méritant une relecture – « l’incitation à comparaître » en étant l’exemple le plus flagrant).

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Le monde après nous – Rumaan Alam

Le monde après nous – Rumaan Alam




Amanda et Clay, des Blancs newyorkais, partent en vacances avec leurs deux enfants à Long Island. Amanda a loué une jolie villa récemment rénovée. Le temps est superbe, la piscine immense, la nature accueillante. Mais lors de la deuxième nuit, un bruit sourd résonne dans le lointain et peu de temps après, on frappe à la porte. Les propriétaires, un couple d’Afro-Américains plus âgés, surpris sur la route par une soudaine panne d’électricité et de réseau demandent l’hospitalité. Inquiets et agacés par cette intrusion, Amanda et Clay n’ont d’autre choix que d’accepter. Leur séjour de rêve prend fin brutalement.

Rentrée Littéraire #5
Un roman impossible à lâcher tant il est prenant, haletant! Un vrai page turner, un roman noir, très noir qui joue avec les nerfs des lecteurs. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains; angoissés de nature passez votre chemin!
Rumaan Alam crée une atmosphère oppressante, un huis clos difficilement supportable et une tension qui monte de page en page.

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Les étincelles invisibles – Elle McNicoll

Les étincelles invisibles – Elle McNicoll





Addie est autiste. Lorsqu’elle apprend en cours d’histoire que sa petite ville de Jupiner a persécuté, torturé et exécuté au Moyen Âge des dizaines de sorcières, elle est bouleversée. Ces femmes accusées de sorcelleries n’étaient-elles pas autistes ou neuroatypiques comme elle ? Victime de brimades en classe, Addie se sent particulièrement concernée par leur sort. Elle décide de mener campagne pour que la ville de Jupiner rende hommage à ces sorcières injustement traitées.

Nominé Prix Farniente 2023 – il s’agit donc d’un livre jeunesse.
Superbe livre dont l’héroïne principale est autiste – tout comme l’une de sœurs – et qui doit non seulement subir ce sort de neuroatypique mais doit également subir les remarques désobligeantes, le harcèlement de ses camarades de classe et/ou ses professeurs. Un très bon livre afin d’aborder le thème de l’autisme – et ses différentes variantes, non… tous les autistes ne sont pas muets et/ou incapables de communiquer -, le thème de la différence et, bien sûr, de la tolérance.
A noter que ce livre est écrit pas Elle McNicoll, elle-même autiste. L’auteur a été diagnostiquée autiste lorsqu’elle avait une dizaine d’années et, depuis, cette jeune écossaise n’a cessé de militer pour les droits et la reconnaissance des personnes ‘’neuroatypiques ». Après avoir présenté un mémoire de recherche sur la quasi- absence de héros autistes en littérature, elle a décidé d’écrire elle-même un roman dans lequel elle se reconnaîtrait.

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