Le choix de Goldie – Roopa Farooki

Le choix de Goldie – Roopa Farooki





Shona craque pour Parvez au premier coup d’oeil. Follement amoureux, les jeunes amants fuient le Pakistan pour démarrer une nouvelle vie à Londres. A l’image de sa mère, Shona construit sa vie sur des mensonges, jusqu’au jour où les secrets deviennent trop lourds à porter. Mais peut-on revenir sur un tel héritage ? L’amour peut-il être assez fort pour corriger les erreurs du passé ? A treize ans, Shona craque pour Parvez dès la première oeillade. Follement amoureux et inconscients, les jeunes amants fuient le Pakistan pour voler de leurs propres ailes, à Londres. Une fois dissipées l’exaltation d’un nouveau départ et les joies de la vie d’une famille qui s’agrandit, Shona se sent rattrapée par son passé. A l’image de sa mère, elle construit sa vie sur des mensonges, se risque à mener une double vie, jusqu’au jour où les secrets deviennent trop lourds à porter. Même la vitalité de ses jumeaux adolescents Omar qui brille dans les études et Sharif qui tombe les filles ne suffit plus à compenser les non-dits accumulés au fil des années, des générations.

Entre Bengladesh, Pakistan et Grande-Bretagne, le destin d’une famille où les secrets et mensonges sont légion.
De génération en génération, les faits vont se reproduire de manière plus ou moins similaire, suscitant une réelle réflexion concernant la famille, les aspirations personnelles, le sens du devoir social et moral, la recherche de la vérité, la quête du bonheur, etc.
Certes, le scénario est relativement peu probable, les interactions entre les différents personnages assez tirées par les cheveux mais ce livre parvient néanmoins à susciter l’intérêt du lecteur, un vrai page turner. Le style est assez simple, rudimentaire mais efficace de par la personnalité de tous les intervenants – certes caricaturales également mais touchant.
Un bon petit roman, trouvé fin avril au Festival du Livre de Paris. 

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Le cœur à l’échafaud – Emmanuel Flesch

Le cœur à l’échafaud – Emmanuel Flesch





Cour d’assises de Paris. Walid Z., un jeune de quartier parvenu par de brillantes études à se hisser jusque dans l’intimité de la bourgeoisie parisienne, risque la peine de mort par décapitation.
Que vient faire la guillotine dans ce décor si familier ?
Pendant trois jours, les témoins se succèdent à la barre. À mesure que s’esquisse le portrait d’un ambitieux et qu’on interroge sa culpabilité, se dévoile une autre France, parfaitement crédible, où l’extrême droite a pris le pouvoir. 

Toujours dans le cadre du Prix Horizon du second roman 2022, j’ai eu la joie de lire ce roman d’Emmanuel Flesch.
Il s’agit ici de l’histoire de Walid, accusé du viol d’une femme, dont nous suivons le procès de minute en minute avec, en parallèle, des flashbacks permettant de décrire la vie de l’accusé, de son enfance à ce procès.
Les narrateurs sont multiples – avocats, juge, jurés, accusé, etc. – ce qui permet différents éclairages dans ce huis clos.
Personnellement, c’est cette plongée au cœur du procès qui m’a le plus enthousiasmée. L’auteur a pris le parti de placer les faits dans le futur, période indéterminée, avec un régime d’extrême droite installé au pouvoir en France, menant par conséquent à certaines dérives – j’avoue avoir été moins convaincue par ce choix.
Il n’en reste pas moins que Le cœur à l’échafaud est un second roman réussi.

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Le syndrome du canal carpien – John Boyne

Le syndrome du canal carpien – John Boyne





Quelle invention merveilleuse que le téléphone portable :188 grammes de métal, de verre et de plastique enveloppés dans un écrin brillant aux lignes pures, à la fois porte ouverte sur d’autres mondes et arme perfide entre les mains des imprudents.
Les Cleverley sont britanniques, célèbres et riches. Ils n’ont aucune conscience de la fragilité de leurs privilèges, alors qu’ils ne sont qu’à un tweet du désastre. George, le père, est un animateur de télévision, – un trésor national (selon sa propre expression) –, sa femme Beverley, une romancière reconnue (pas autant qu’elle ne le souhaiterait), et les enfants, Nelson, Elizabeth et Achille, frôlent tous d’inéluctables catastrophes.

Humour très British pour Le syndrome du canal carpien, roman désopilant qui tient du vaudeville du XXIème siècle.
Les Cleverley sont britanniques, célèbres (lui à la télé / BBC, elle en romancière d’histoires à l’eau de rose) et leurs trois enfants sont tout aussi fêlés, voire plus, que leurs parents.
John Boyne réussit le pari de faire interagir ses personnages, de manières volontaires et/ou suite à des quiproquos loufoques aux conséquences parfois bien désastreuses.
Une satire de notre société où l’humain tend à donner plus d’importances au paraître qu’à l’être, où à force de vivre pour les médias sociaux et l’image que ceux-ci renvoient, l’humain passe, sans nul doute, à côtés des éléments essentiels de sa vie personnelle et/ou familiale.


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Les liens sacrés du mariage – Franck Courtès

Les liens sacrés du mariage – Franck Courtès





« On peut s’aimer, s’en faire une fête, s’en vanter, l’afficher, croire qu’on a découvert le secret du bonheur, un jour les rouages se grippent. » Les quatorze histoires qui composent ce recueil forment autant d’épisodes liés par deux thèmes communs : l’insoluble question du bonheur dans l’amour et le crépuscule de la passion. Dans cette anthologie du couple contemporain, des hommes et des femmes se débattent avec des sentiments trop grands pour eux. Inattendu, quiproquos et humour s’invitent dans le ballet qui se joue entre ces êtres qui s’attirent, s’affrontent, se blessent et se reconstruisent.

Recueil de quatorze nouvelles, Les liens sacrés du mariage aborde le couple, la recherche du bonheur, la notion de passion, la séparation, la réconciliation, etc.
Franck Courtès réussit parfaitement à décrire les couples d’âge mûr, les relations évoluant avec le temps, la passion perdue et/ou retrouvée.
Quatorze histoires différentes, racontées dans des styles différents, aux notes teintées de tendresse, de rancœur, d’affrontement selon le couple dont il est question mais toujours en finesse, parfois avec humour et/ou quiproquo, et, pour chaque nouvelle, un dénouement unique.
Une belle lecture…

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In Absentia – Raphaël Jerusalmy

In Absentia – Raphaël Jerusalmy






Au Struthof (seul camp de concentration nazi ouvert sur le sol français), Pierre Delmain, écrivain et déporté politique, endosse un rôle déterminant : à mains nues, convoquant ses forces ultimes, il achève les déportés quand leur état les rend impropres aux « expériences scientifiques » menées sur place. Avec douceur, empathie, humanité. Il ne se le pardonne pas pour autant. Alors il s’échappe. Dans ses rêves. Littéralement.
À Paris, Saül Berstein, collectionneur d’art, retarde dans les vapeurs de mescaline et la fréquentation de la beauté le moment de croire à la violence et à la laideur extrêmes de l’horreur qui le traque.

Roman croisé, tout à fait par hasard, dans la Fnac de la gare de l’Est la semaine passée, il me tentait pour deux raisons: d’abord, j’avais adoré le roman « Sauver Mozart » de Raphaël Jerusalmy et, ensuite, lors d’un récent séjour en famille en Alsace, j’ai eu l’occasion de visiter Struthof – le seul camp de concentration nazi sur le territoire français.
L’histoire de « In Absentia » se situe donc dans ce camp de concentration et confronte deux hommes français: Saül Berstein, collectionneur d’art parisien, qui, malgré ses faux papiers et ses vains idéaux se fera embarquer par la Gestapo et finira à Struthof où Pierre Delmain, écrivain déporté, est devenu le bourreau de l’occupant, celui qui achève à mains nues les victimes des expériences scientifiques menées dans ce camp. Pierre tente de survivre à toute cette horreur en se créant une bulle de décompression, un univers peuplé de rêves.
Tout comme dans « Sauver Mozart », l’auteur livre ici un roman (bourré de références malheureusement réelles) touchant et profond, montrant l’humanité de Pierre dans ce rôle si sordide qu’il n’arrive évidemment pas à assumer, avec lequel il devra malheureusement apprendre à vivre, à survivre à cette expérience traumatisante.
Vraiment un grand auteur !

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Au fil du rasoir – Karin Slaughter

Au fil du rasoir – Karin Slaughter





Un samedi soir, à la patinoire de Heartsdale, Jeffrey Tolliver est contraint de tirer sur une adolescente prête à abattre un garçon de son âge.
Même heure, même lieu, Sara découvre un fœtus dans les toilettes.
 Aux portes de l’horreur, Sara, Jeffrey, et Lena — elle-même victime d’une agression et dont la sœur a été mutilée — engagent l’enquête, chacun en proie à ses propres démons.
 Qui était cette adolescente_? Dans quelle situation extrême se trouvait-elle pour vouloir tuer et se faire tuer ? Quel lien y a-t-il entre elle et l’enfant mort ? 

Un Karin Slaughter digne de ce nom, tout en machiavélisme, les personnages plus tordus les uns que les autres, une enquête qui suit son cours et distille de véritables horreurs.
Un soir à la patinoire d’une petite ville de province: Jeffrey Tolliver se voit contraint de tirer sur une adolescente qui, elle-même, mettait en joue un ado de son âge. Comment en sont-ils tous arrivés là?
C’est ce que tente de nous faire comprendre Karin Slaughter.
Un bon petit polar qui se laisse lire.

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Les narcisses blancs – Sylvie Wojcik

Les narcisses blancs – Sylvie Wojcik




Jeanne et Gaëlle se rencontrent par hasard, un soir d’orage et de tempête, dans un gîte d’étape sur les sentiers de Compostelle. Spontanément, elles prennent la route ensemble. Très vite, elles quitteront ce chemin de randonnée bien tracé pour un autre chemin, au coeur de l’Aubrac, de ses pâturages et de ses champs de narcisses. Ce chemin dans un milieu à la fois dur et enchanteur les ramènera chacune à son histoire, son passé, sa raison de vivre. Elles ne sont pas là pour les mêmes raisons, mais au bout de leur quête, c’est pourtant le même besoin de lumière et de paix qui les fait avancer. Tout semble les opposer, une différence d’âge, d’éducation, de milieu social, mais, de ces différences, naîtront une grande proximité, une force qui les nourrira l’une et l’autre.

Toujours dans le cadre du prix horizon, j’ai, cette fois, lu « Les narcisses blancs » de Sylvie Wojcik.
Le livre est court, très court et… heureusement! C’est le genre de lecture qui, malheureusement, ne trouve aucun écho chez moi. Une espèce de roman feel good, avec des personnages soit guimauves, soit susceptibles de vous faire verser une petite larme, le tout avec des relents d’histoire fleur bleue – ah, non, de narcisses blancs -, je suis complètement passée à côté de cette histoire.
Et pourtant, j’adore marcher, me surpasser dans l’effort donc le fond de l’histoire n’est absolument pas en cause. 🙂
Il ne m’en reste donc plus qu’un à lire et je serai prête pour me présenter à Marche-en-Famenne au mois de mai.

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Elise – Marcel Sel

Elise – Marcel Sel





Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, François est obnubilé par la dernière phrase prononcée par Elise May, son amour de jeunesse. Celle qui lui avait dit sa haine du Führer quelques semaines auparavant, a crié avec conviction «Heil Hitler» un soir de janvier 1945, avant de poser son front contre l’arme du soldat de l’armée rouge qui lui fait face, prêt à l’abattre. François a besoin de comprendre ce cri. Quarante ans plus tard, il décide de refaire le voyage jusqu’à la «Tanière du Loup» où Elise fut une des goûteuses du dictateur. 

Roman lu dans le cadre du Prix Horizon du second roman, « Elise » est un magnifique roman abordant la la seconde guerre mondiale sous des thématiques assez originales.
Il y a, d’une part, ce groupe de 15 femmes allemandes qui, à la fin de la guerre, se retrouvent prisonnières de l’armée russe, toutes vouées à la cruauté de leurs bourreaux et, d’autre part, il y a François – le prisonnier français accordeur de pianos – qui a eu le coup de foudre pour Elise, l’une des 15 femmes. La narration passe d’Elise à François, du cœur de la guerre au retour, des années plus tard, de François sur les lieux.
Ce roman présente l’originalité de remettre en cause la légitimité du Fürher par son propre peuple, le lavage de cerveau dont a profité la population afin de l’ériger en héros, de la prise de conscience progressive de certains de ce qui se passait réellement dans les camps de concentration et, enfin, la situation des allemands – et plus encore, des femmes allemandes – sur le front russe… le tout en laissant une grande place au monde de la musique classique, des lieder et sonates.

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Over the Rainbow – Constance Joly

Over the Rainbow – Constance Joly





Celle qui raconte cette histoire, c’est sa fille, Constance. Le père, c’est Jacques, jeune professeur d’italien passionné, qui aime l’opéra, la littérature et les antiquaires. Ce qu’il trouve en fuyant Nice en 1968 pour se mêler à l’effervescence parisienne, c’est la force d’être enfin lui-même, de se laisser aller à son désir pour les hommes. Il est parmi les premiers à mourir du sida au début des années 1990, elle est l’une des premières enfants à vivre en partie avec un couple d’hommes.

Toujours dans le cadre du Prix Horizon du second roman 2022, j’ai eu la grande chance de découvrir ce magnifique livre – roman autobiographique – de Constance Joly.
Le héros principal de l’histoire est Jacques Joly, le père de Constance, dont celle-ci dresse un superbe portrait emprunt de tendresse, de respect et, surtout, d’amour.
L’auteur nous relate l’enfance et la jeunesse de Jacques, le jeune adulte qu’il est devenu avant de devenir un père aimant mais Constance Joly nous fait également part de sa terreur grandissante face à cette identité homosexuelle qu’il refoule tant bien que mal depuis des années. 1968 sera, pour Jacques, l’année de sa libération, l’année de son coming-out qui enverra valdinguer les attentes parentales, le couple qu’il formait avec Lucie mais sans toutefois porter atteinte à la relation filiale qui le lie à Constance.
Le ton est donné depuis les premières pages et n’est donc pas un grand mystère: Jacques contractera le SIDA dont il finira par mourir en 1992.
Les chapitres sont courts, tout comme les phrases de Constance Joly, mais recèlent tant de jolis mots, de jolies phrases qu’il est impossible de ne pas ressentir tout l’amour que cette fille porte à son père et inversement tout l’amour que ce père lui a porté, impossible de ne pas ressentir tous les manques que celle-ci ressent depuis 30 ans.

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Campagne – Matthieu Falcone

Campagne – Matthieu Falcone





« Quoi que l’on fasse, de quelque partie que l’on vienne, le village se cache, ne se montre pas de loin. C’est un village tout plié sur lui-même, en boule la tête dans le cul, comme un chat endormi. Au milieu coule une rivière. C’est-à-dire qu’elle était au milieu, avant qu’il soit désaxé, le village, étendu vers le sud pour les nouvelles constructions. Ici, au village, on en trouve comme cela, qui disent à présent qu’il faut sauver la Terre. Sauver la Terre, je veux bien moi, mais qui nous sauvera, nous ? »

Livre lu dans le cadre du Prix Horizon du deuxième roman 2022, Matthieu Falcone n’est pas parvenu à me séduire avec Campagne.
C’est un petit village perdu où les citadins se rêvent une nouvelle vie, une cohabitation avec les gens du cru qui suscite chez Matthieu Falcone des personnages caricaturaux, des concepts stéréotypés, une foison de thématiques qui opposent les deux camps, voire même les locaux entre villages voisins.
Ce roman manque, à mes yeux, de cohésion, de structure et le lecteur se perd entre ces débats stériles et ces stéréotypes.
Quant au style, je m’y suis également perdue… Matthieu Falcone écrit tel un Marcel Pagnol – ce qui est loin de me déplaire – mais, de façon subite, dans la bouche du narrateur, celui-ci change et se transforme pour un parler bien plus simple et sommaire. Pour moi, il aurait fallu poser un choix définitif et constant.

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