Tu l’as bien mérité – Barbara Frandino

Tu l’as bien mérité – Barbara Frandino

Quand Antonio, célèbre présentateur télé, tombe de l’échelle dans son jardin, Claudia, son épouse, tarde un peu à appeler les secours.
Cet homme avec lequel elle a partagé sa vie, et qui revient de l’hôpital affaibli, l’a trahie. Tout le monde, Antonio le premier, s’attend à ce qu’elle lui pardonne. Mais Claudia n’y parvient pas.

J’ai adoré ! Vraiment ! Dévoré de la première à la dernière page.
Antonio est victime d’un accident: monté sur une échelle afin d’élaguer à un arbre dans le jardin du couple, il en tombe. Rapidement, le chirurgien se rend compte que les secours n’ont pas été appelé directement…
Une vraie « Guerre des Rose » à l’italienne, le suspens qui monte de page en page avec une écriture tout en finesse, criante de réalisme, à la fois tendre, drôle et cynique.

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Vénus Erotica – Anaïs Nin

Vénus Erotica – Anaïs Nin





Les lecteurs du célèbre Journal d’Anaïs Nin savent qu’en 1950, à l’instigation d’un mystérieux collectionneur, Henry Miller et Anaïs Nin écrivirent des « érotiques ».
Longtemps, ces textes furent mis en sommeil.

Une quinzaine de nouvelles écrites à la demande d’un riche et mystérieux collectionneur – mécène peu intéressé par le caractère romanesque de ces écrits – qui mettent en avant l’auteur précurseur qu’était Anaïs Nin. Ces nouvelles de longueurs inégales, le sont également en ce qui concerne les diverses histoires – certaines me paraissant plus réussies que d’autres, certaines à la limite immorales en terme de contenu.
Anaïs Nin y décrit les années ’20 et ’30 en abordant le genre érotique au féminin – en ajoutant plus de sexe à la demande du collectionneur mais en gardant un esprit littéraire, une belle plume qui, à l’époque, avait un goût de scandale.

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Le monstre de la mémoire – Yishaï Sarid

Le monstre de la mémoire – Yishaï Sarid





Un historien israélien, spécialiste des processus d’extermination pendant la Shoah, devient guide des camps de la mort, accompagnant des groupes de lycéens dans leurs visites imposées au cours de « voyages de la mémoire ». Cette expérience, doublée de sollicitations diverses autour des différentes formes que prend l’entretien officiel de cette inflammable mémoire, entame progressivement et profondément son rapport au monde et aux autres. Sur l’échec de la transmission de l’histoire, un corps à corps explosif avec des questionnements vertigineux, aussi intimes que politiques.

Après Le poète de Gaza (sublimissime) et Une proie trop facile, voici Yishaï Sarid de retour avec son quatrième roman – il semblerait donc que j’ai loupé Le troisième temple.
Ce roman est rédigé telle une lettre écrite par un historien israélien – devenu malgré lui spécialiste de la Shoah – à son directeur, au président de Yad Vashem (Institut international pour la mémoire de la Shoah à Jérusalem). En effet, suite à un concours de circonstances et à quelques excuses pour ne pas émigrer pour étudier, cet homme fait le choix de se spécialiser dans la connaissance des différents camps de concentration. Ainsi, il délaisse régulièrement sa femme et son fils afin de se rendre en Pologne afin d’accompagner des groupes de lycéens dans la visite de ces camps.
Le guide, au départ, excellent, expérimenté et parfaitement documenté se transforme ensuite en homme tourmenté par les événements du passé, esseulé dans ce devoir de mémoire et, enfin, impuissant face à la non-réceptivité de certains touristes et face à l’ampleur de la tâche à accomplir.
Comme d’habitude, la plume de Yishaï Sarid est magnifique, riche et intelligente et sert particulièrement bien cette lettre d’un homme dont les certitudes ne vacillent pas au fil des pages.

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Has been – Caroline Loeb

Has been – Caroline Loeb



Junkie pour la vie au moment inouï où l’on a incarné cette chose magique, que les gens ont adorée : un tube. Qui vous bouffe, vous vampirise, vous rend fou. Le temps s’arrête sur cet unique objet, ce moment où la grâce vous a touché, et où vous avez été en phase avec le public. Que ce soit une chansonnette absurde, une scie sirupeuse, un infâme slow, un petit chef-d’oeuvre, un tchakapoum ringard ou une chanson à boire, le résultat sera le même. Votre vie se résumera à ce moment-là. Ce sera votre paradis perdu et vous aurez beau faire de nouvelles chansons, proposer autre chose, vous réveiller en nage la nuit, en hurlant comme dans Le Prisonnier : Je ne suis pas un numéro ! Je ne suis pas un numéro… du Top 50 ! « , trop tard. Comme un disque rayé, votre vie ne tournera plus qu’autour de cette rondelle. Il y aura « l’avant », et « l’après ». Le pacte avec le diable. Le tube comme un moment d’éternité. Ça vous aura juste coûté votre âme. 

Livre (dédicacé par Caroline au propriétaire) trouvé, par hasard, dans notre location de la semaine passée – une ravissante maison bourrée de livres – et, malheureusement, une mauvaise pioche en ce qui me concerne.
La quatrième de couverture me faisait de l’œil, la trame de fond – quand on connait le « c’est la ouate », le tube de Caroline Loeb – semblait donc une super idée à développer. Malheureusement, le contenu ne tient pas sa promesse!
Le personnage s’appelle Isabelle et a chanté « C’est l’extase », non cela ne s’invente pas!, et après sa période de plein succès vit une véritable descente aux enfers. Les différents chapitres s’articulent en personnages supplémentaires gravitant autour de l’ex-star avec ou sans alcool, cocaïne et autres substances selon le principe des montagnes russes.
Bref, au chapitre 18, j’ai jeté l’éponge afin de replonger dans mon très bon livre israélien… celui-là venant de ma propre bibliothèque 🙂

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Je ne suis pas là – Lize Spit

Je ne suis pas là – Lize Spit





Leo vit avec son petit ami Simon depuis dix ans. Lié par une enfance troublée, le couple vit parfaitement heureux. Jusqu’à ce que tout change : Simon rentre chez eux au milieu de la nuit et Leo ne le reconnaît plus, ni dans ses gestes, ni dans ses mots. Lentement, l’existence méticuleusement construite de Leo s’effondre, jusqu’à mettre sa vie en danger…

J’avais adoré son premier roman, et je ressors tout autant conquise de celui-ci.
Comme à son « habitude », le sujet est grave, dur et percutant. Simon et Leo sont deux jeunes adultes pleins de vie et de projets mais, du jour au lendemain, tous leurs rêves et projections personnels et communs vont voler en éclats.
Le thème principal du livre est vite dévoilé, il s’agit de la maladie mentale – Lize Spit la décrit parfaitement qu’il s’agisse de la personne qui est en victime ou de son entourage qui la subit également.
Certes, sur les 510 pages du livre, il y a bien quelques longueurs mais j’ai été boostée par sa structure -l’alternance entre, d’une part, ces longues minutes que Leo passe sur son vélo à travers Bruxelles afin d’éviter (ou pas) une catastrophe et, d’autre part, la narration de ces quelques mois durant lesquels la maladie a fait sa première apparition.
Ce livre me touche car j’ai, dans mon entourage proche, plusieurs personnes atteintes de cette saloperie de maladie et Lize Spit parvient à décrire, sans filtre, l’enfer qu’elle représente… non seulement pour les personnes qui en sont atteinte mais également pour l’entourage qui vit sans cesse avec un funambule que les médicaments permettent de garder sur un fil, retenant son souffle pour que l’équilibre et/ou le fil soi(en)t le(s) plus long(s) possible(s).
(Ce livre m’a également énormément déroutée… pendant toute sa lecture, je me suis posée la question de savoir si Lize Spit connaissait vraiment Paul, le tatoueur de Paul and Friendz – et ce, d’autant plus, quand elle décide de prénommer le personnage principal de son livre Leo ! LOL)

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Les démons de Berlin – Fabiano Massimi

Les démons de Berlin – Fabiano Massimi



Sigfried Sauer, ancien commissaire de la police de Munich, est appelé d’urgence à Berlin : Rosa, la femme qu’il aime, a disparu après avoir rejoint la Résistance. Dans une ville en proie à un climat politique d’une violence extrême depuis qu’Adolf Hitler a été nommé chancelier, où jeux de pouvoir et rumeurs d’attentats se multiplient, une sordide affaire inquiète la police : des jeunes femmes sont assassinées, après avoir été défigurées. Sauer, terrifié à l’idée de découvrir Rosa parmi elles, se joint à l’enquête, sans imaginer jusqu’où elle le mènera…

J’avais adoré L’ange de Munich, raison pour laquelle Les démons de Berlin a retenu mon attention lors d’un passage récent dans une librairie.
Fabiano Massimi met en scène les mêmes protagonistes – Sauer et Mutti – cette fois à Berlin en 1933.
Hitler monte devient de plus en plus populaire dans les sondages, a récemment été nommé chancelier du Reich et le nazisme commence à s’étendre à toute la nation.
Il s’agit certes d’un roman mais Fabiano Massimi remplit, en fait, les blancs laissés par les documents historiques. Il retrace ici les quelques jours précédant l’incendie du Reichstag, cet incendie criminel qui a scellé le destin du pays, menant ensuite le NSDAP au pouvoir avec les dramatiques conséquences que l’on connaît tous.
L’enquête est intéressante, rondement menée, partant dans diverses directions mais j’ai, néanmoins, trouvé ce deuxième opus moins vivant, moins dynamique que L’ange de Munich. En effet, quelques longueurs, le nombre important de divers personnages plombent légèrement le récit.
Mais cela reste un bon livre, je suis ravie d’avoir confié mon temps à la lecture de Fabiano Massimi (clin d’œil à ses remerciements 😉 )

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Respire… – Joyce Carol Oates

Respire… – Joyce Carol Oates





Originaires du Massachusetts, Michaela et Gerard s’installent pour huit mois dans un institut universitaire renommé de Santa Tierra, au Nouveau-Mexique. Mariés depuis une dizaine d’années, ils voient dans ces paysages d’une beauté saisissante, quoique étrange, l’occasion de vivre enfin leur voyage de noces. Mais à peine sont-ils arrivés que Gerard, victime d’une mystérieuse maladie, est hospitalisé d’urgence. Loin de ses proches, Michaela est subitement confrontée à la terrifiante et vertigineuse perspective du veuvage.

Dans ce roman, Joyce Carol Oates nous amène à réfléchir sur le deuil dans le couple (elle, la fin de la trentaine – lui une dizaine d’années de plus), comment une femme confrontée à la maladie soudaine de son mari gère le déclin physique et mental de celui-ci avant de devoir faire le deuil de son défunt conjoint – tout cela seuls (et puis seule) car en mission dans un Etat situé loin de leurs amis et familles.
L’histoire est finalement banale alors que l’écriture est, comme toujours avec Joyce Carol Oates, extraordinaire tant elle parvient à nous glisser dans la peau de Michaela, cette femme dévastée à l’idée de perdre l’homme avec qui elle s’imaginait passer encore de longues années.
L’auteur nous fait passer du désarroi au chagrin, et ensuite à cet état halluciné dans lequel est plongée la veuve, n’arrivant que difficilement à réaliser l’absence de son mari.
Une thématique évidemment peu enthousiasmante mais un livre parfaitement maîtrisé. 

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Poupées – Eléonore Pourriat


Poupées – Eléonore Pourriat





Joy et Stella ont quinze et seize ans, les mêmes nattes brunes, la même passion pour David Bowie. Ensemble, elles partagent tout. Les soirées Dallas avec la grand-mère de Joy, les nuits à faire le mur, les vacances à Long Island… Pourtant, après un dernier été, Stella disparaît sans un mot. Trente ans plus tard, Joy n’a pas oublié. Et elle veut comprendre.

Livre tombé dans mon panier lors d’un passage en librairie, il raconte l’histoire de Joy et Stella, deux ados inséparables qui vivent leurs premières expériences ensemble.
Après des vacances aux USA – dans la maison de la grand-mère de Joy – Stella prend ses distances et disparaît progressivement, puis complètement, de la vie de Joy.
Celle-ci, 30 ans plus tard, ne comprend toujours pas pourquoi d’inséparables elles sont devenues de parfaites étrangères. Joy tente ainsi de recontacter Stella afin de faire la lumière sur cette disparition.
Eléonore Pourriat parvient parfaitement à nous dresser le portait de ces deux ados, une plume tendre, un coup d’œil dans le rétro pour les lecteurs, des mots bien choisis pour dévoiler la part de mystère qui hante Joy et Stella, une plongée en flashback dans le quotidien de ces deux filles – avec David Bowie en bande son, que demander de plus?
Bref, un petit roman bien foutu pour aborder une thématique sous-jacente bien terrible.

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Reste – Adeline Dieudonné

Reste – Adeline Dieudonné





Je ne suis pas certaine d’avoir pleinement saisi ce qui m’est arrivé, ni ce qui m’a conduite à agir comme je l’ai fait. Certains matins, tout me semble limpide. À d’autres moments, je me vois comme un monstre, une créature que je ne reconnais pas, qui m’aurait possédée dans un instant de vulnérabilité. Mais je crois que cette image vient du regard des autres.
J’ai fait ce que je pouvais.
Il n’y a pas de morale à cette histoire. Tout ce que je sais, c’est que je vous dois les faits. Je vais donc m’attacher à les relater pour vous, et sans doute aussi pour moi, avec toute la précision dont je suis capable. Ils m’emmèneront sur des territoires obscurs, dans les marécages de ma conscience et, pour quelques secondes encore, contre la peau de M. « 

Trop contente de retrouver Adeline Dieudonné après La vraie vie et Kerozene!
Ce roman, c’est l’histoire d’un homme « M. », un homme marié ayant une maîtresse – la narratrice.
M. trouve la mort au début du roman et sa maîtresse décide d’écrire une lettre à son épouse légitime pour lui expliquer qui elle est, ce qu’elle et M. faisaient dans un chalet en montagne.
C’est l’histoire d’un amour caché et de moments fugaces qui semblaient satisfaire les deux protagonistes mais également une histoire d’amour qui explose en plein vol, laissant cette femme totalement dépourvue face à cette perte si soudaine.
Tellement désemparée qu’elle n’arrive pas à se résoudre à déclarer le décès de M. tant elle aimerait prolonger ces derniers instants en sa compagnie, le garder pour elle avant de le rendre à sa vie légitime – à son épouse et son fils.
Une très jolie plume, tout en tendresse, en subtilité et finesse avec, en plus, cette force qui fait que le lecteur tourne, sans pouvoir s’arrêter, d’une traite, les 276 pages du livre.
(Mention spéciale également pour la playlist!)

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Pour quand tu seras grande – Véronique Gallo

Pour quand tu seras grande – Véronique Gallo





Comment être mère, femme, épouse, et fille à la fois ?
De loin, Marie, Antoine et leurs trois enfants forment une famille heureuse et comblée. Mais de loin seulement. La petite dernière ne fait pas vraiment ses nuits. Antoine déserte de plus en plus le domicile familial. Marie a repris le travail, épuisée, dépassée. Inlassablement, elle se répète que ce n’est qu’une mauvaise passe, malgré l’oppression dans sa poitrine, malgré l’envie irrépressible de tout envoyer valser. Jusqu’à ce matin, où sa mère l’appelle pour lui annoncer la mort de son père. Il s’est pendu dans la nuit, sans explication, sans un mot. Pour Marie c’est le point de rupture, l’information qui pulvérise ses dernières barrières. Pour ne pas sombrer, elle doit plonger aux racines de son histoire familiale…

Je découvre Véronique Gallo dans sa peau d’auteur de roman et j’avoue que c’est assez réussi !
Contrairement à ses capsules et shows où l’humour est de rigueur, ici, le ton est bien différent.
Marie est au bout du rouleau, n’en peut plus de porter sa petite famille à bout de bras, de tenter d’être Wonder Woman dans tous les domaines. Sa vie de mère, de femme, d’enseignante prend l’eau de toutes parts et le décès de son père représente le point de rupture, l’étincelle qui va faire voler sa vie en éclat.
Si l’idée de partir du décès du père comme la goutte d’eau de trop me paraît intelligente, j’ai, par contre, trouvé complètement inutile tout le mystère autour de ce décès. Certes, ce mystère alimente une histoire dans l’histoire mais, à mes yeux, un décès de cause naturelle aurait tout autant permis à Marie de partir en vrille et aurait permis à Véronique Gallo de creuser encore plus profondément la remise en question de cette femme. Un livre fort sur le quotidien de la femme/mère/travailleuse, la charge mentale qui en découle et la solitude, l’épuisement qui en sont, bien souvent, les conséquences.

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